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25 Jul

T’as vu ta tronche ? Les déformations crâniennes culturelles

Publié par francois delcourt  - Catégories :  #Ostéopathie, #Ostéopathie : le crâne, #recherche et développement

Omer Simpson en réel…

Omer Simpson en réel…

La déformation de la voûte crânienne, permanente, a été effectuée par les humains depuis le début de l’histoire. Observée dans différentes cultures, plus particulièrement en Méso-Amérique, ces déformations se retrouvent un peu partout sur le globe, et à toutes époques, même si certaines déformations sont caractéristiques de certaines époques. Ces pratiques, semblant d’un autre âge, sont retrouvées et bien documentées en Egypte, au japon, en Amérique du sud, en Amérique centrale et même en Europe (Anton 1989). Elles ont probablement commencé il y a 30.000 ans en Asie (Weidenreich 1939).

T’as vu ta tronche ? Les déformations crâniennes culturelles
T’as vu ta tronche ? Les déformations crâniennes culturelles

A première vue, elles inspirent phantasme, imaginaire ésotérique ou tout simplement dégoût, donnant une « preuve tangible » de l’existence de races supérieures ou extraterrestre ayant colonisé notre planète. Loin de ce cliché sensationnaliste, les manipulations occipito-frontale ont fait l’objet d’études anatomo-anthropologiques rigoureuses.

Indiana jones et le royaume du crâne de cristal. Steven Spielberg. 2008. Paramount Pictures.

Indiana jones et le royaume du crâne de cristal. Steven Spielberg. 2008. Paramount Pictures.

Dès les années 1870, les études anthropométriques et naturalistes de la société d’anthropologie de Paris, conduites par Paul Broca, tentent de mesurer et classifier les comportements et les caractères de la « race » française en examinant les crânes dans les hospices d’aliénés, les prisons, les cimetières et les écoles. (Paul Broca 1871)

Travail emblématique, mais pas le plus remarquable de ces mesures effectuées, il émit l'hypothèse suivant laquelle « la petitesse relative du cerveau de la femme dépend à la fois de son infériorité physique et de son infériorité intellectuelle ». Ou que « La conformation du nègre tend à se rapprocher de celle du singe » (Paul Broca. 1871)

Les références « racistes » scientifiques de l’époque sont légion. Hélas, ces thèses, non pas sur la notion de différences génotypiques et phénotypiques, mais sur la notion de classement reste d’actualité

De façon moins élitiste, l’anthropologue anglais E. Dingwall étudia, en 1931, plus de 1200 références bibliographiques de crânes issus du monde entier. 

Les déformations crâniennes ritualisées sont pratiquées en Ethiopie et à Chypre dès le 

Ve siècle, en Jordanie et au Liban, dans toute l’Afrique noire et au Maghreb, en Perse et en Mongolie et en Asie mineure, mais aussi en Indonésie, en Malaisie, en Polynésie et en Nouvelle Calédonie, pour basculer jusqu’en Europe tout au long du moyen âge. (Thomas 2017). Selon le médecin anatomiste Vésale (1514-1564), parlant des européens : « ils ont la tête plus longue que d’autres peuples parce que les mères enveloppent les têtes de leurs enfants avec des bandes et qu’elles les laissent le plus souvent dormir sur les tempes » (Delisle, 1902)

En Amérique du sud, sur une collection de 500 squelettes d’origine péruvienne conservés à Paris, seul 60 ne présentent pas de déformations. Dans certaines fouilles, ces crânes représentent plus de 90 des cas observés. 

T’as vu ta tronche ? Les déformations crâniennes culturelles

Représentations culturelles et sociales 

 

Les sociologues et ethnologues, comme David Le Breton, mettent en évidence le caractère culturel et collectif des pratiques corporelles comme processus de socialisation, d’intégration, de domination. 

« Le corps est le lieu de condensation des différentes formes de socialité, qui donnent sa physionomie à la société » (Le Breton 1985) 

Ces pratiques constituent un marqueur fort de représentation sociale, culturelle, tribale et religieuse, à l’instar d’autres modifications, mutilations, tatouages, piercing et autres scarifications rituelles faisant partie de l’art corporel ornemental. Le corps est dominé, domestiqué au détriment de l’individu et au bénéfice du collectif, contrairement à aujourd’hui ou ces pratiques corporelles sont plus un marqueur individuel que collectif d’appartenance.

Scarifications corporelles et crâniennes.

Scarifications corporelles et crâniennes.

plateau labial

plateau labial

Mutilations bucco-dentaires volontaires

Mutilations bucco-dentaires volontaires

1 : Mandibule (V° et IV° siècle avant J.C.), de l’ile Jaina (Nord est de l’état de Campeche au Mexique) présentant des petits disques de pyrite insérés sur les faces vestibulaires 

 

2 : Maxillaire précolombien présentant des rainures verticales au niveau de incisives centrales et latérales  

 

3 : Femme vietnamienne aux dents laquées 

 

4 : jeune pygmée arborant fièrement ses incisives supérieures taillées en pointe. 

 

L’existence et l’exigence corporelle individuelle fondent le groupe d’appartenance, les codes communautaires, le corps peut être vu comme un « produit » social. L’art corporel, ornemental ou non, situé entre les contraintes collectives et les improvisations individuelles, devient un habitus physique et il construit le corps social au sens large. 

Pieds de femmes chinoises, femme « girafes ».

Pieds de femmes chinoises, femme « girafes ».

Signe d’adhésion à un groupe, d’une organisation, interface entre biologie et corps social, distinction individuelle ou collective, volontaire ou contrainte, le modelage crânien distingue les peuples et les groupes, pare, embellit ou anoblit, marque un statut social ou religieux renvoyant jusqu’à des représentations cosmologique et inaugure les rites initiatiques. 

Cette vision du corps qui peut paraître « anthropologique » n’en est pas moins actuelle. Artistes, performers, adeptes du body-art, des self-hybridations, nous donnent une vision actuelle d’une forme artistique des mutilations, agencements corporels. 

T’as vu ta tronche ? Les déformations crâniennes culturelles
Implants, taille des dents, tatouages et autres modifications corporelles

Implants, taille des dents, tatouages et autres modifications corporelles

La tête vue comme centre de vie spirituelle, symbolisant esprit et spiritualité, allie puissance et force, autorité et vitalité, elle est métaphoriquement lié au cosmos et est le siège de l’âme. Dans la culture Inca, la tête est liée au monde supérieur, aux corps célestes, à « l’animu », idem chez en Amérique centrale avec le « tonalli », sorte de force animique, force vitale circulante sortant par la tête au moment de la mort. 

Il n’y a pas que la tête mais aussi les cheveux, imputrescibles et prolongement du siège de l’âme. Les coiffes et coiffures, coupes de cheveux ritualisées ont été sauvegardées dans de nombreuses cultures et religions jusqu’à nos jours. 

 

Cette tête et ce visage, siège des orifices et des organes des sens, sont des ouvertures et des passages possibles pour les mauvais esprits. Il convient donc de la protéger par des tatouages, perçages, scarifications, maquillages, bijoux ornementaux et autres conformations et « déformations ». L’entrée dans un groupe social passe par des rituels de conformation au groupe et donc des déformations dont celles dévolues au crâne des bébés sont les plus impressionnantes. 

 

Serrer la tête, est-il le symbole d’une retenue de cette force vitale chez un nourrisson (les fontanelles ne sont pas fermées) ? Un moyen de fixer l’âme au corps ? (Thomas 2017)

 

Modeler le crâne, c’est le contrôler, se prémunir des influences néfastes, des sortilèges. Selon des auteurs, ces déformations étaient destinées à façonner la tête pour ressembler à un jaguar, animal sacré Maya, symbole de pouvoir et de puissance, pour d’autres les déformations reproduisent la conformation crânienne du dieu du maïs. 

Tête miniature du dieu du maïs. El Palacio,, Palenque, Chiapas, env. 615 EC. Classique tardif, stuc modelé, Musée du site de Palenue Alberto Ruz Lhuillier, Palenque. Ph. : Martirene Alcántara

Tête miniature du dieu du maïs. El Palacio,, Palenque, Chiapas, env. 615 EC. Classique tardif, stuc modelé, Musée du site de Palenue Alberto Ruz Lhuillier, Palenque. Ph. : Martirene Alcántara

Il a également été avancé que les déformations ne constitueraient que des accentuations d’une conformation crânienne originelle. Ce qui se vérifie chez les populations turques, qui accentuent leur dolichocéphalie, tandis que les ethnies anatoliennes accentuent leur brachycéphalie.

 

L’influence culturelle et la conformation au groupe peuvent être consenties ou obligées. Les « invasions barbares » des huns (Attila) au IVe siècle sillonnèrent et essaimèrent dans toute l’Europe de l’ouest leurs coutumes et leur barbarie mortifère au point de laisser des traces jusqu’en France (déformation Toulousaine). La terreur qu’ils inspiraient était aussi probablement due à leur physionomie effrayante, véritables cavaliers de l’apocalypse, image qui restera dans l’imaginaire collectif. 

 

Les hypothèses de justifications médicales, même si elles sont difficiles à vérifier, restent très présentes. Ces déformations volontaires ont pour objet de renforcer le front et les cervicales afin de supporter de plus lourdes charges sur l’occiput. Elles sont censées favoriser le courage et la force, donner un aspect plus grand et effrayant pour les guerriers. D’autres auteurs parlent de physiognomonie c’est à dire la relation entre la forme du front et l’intelligence. Ces hypothèses rejoignent les thèses de la société d’anthropologie et de la phrénologie. Cette théorie formulée par Franz Joseph Gall, très répandue au XIXe siècle, supposait que les instincts, le caractère, les aptitudes, les facultés mentales et affectives étaient, en vertu des localisations cérébrales, conditionnées par la conformation externe du crâne. CNRTL 

 

Néanmoins, il faudra attendre le XIXe siècle pour que le débat soit lancé à propos des effets délétères, notamment sur les capacités intellectuelles des victimes de telles pratiques. 

Les techniques de déformation 

 

Premièrement et ce depuis l’antiquité (IIe siècle ap JC), le crâne du nouveau né dès sa naissance était façonné et « massé » par les sage-femmes. 

« Modelant chacune de ses parties, de manière à façonner insensiblement ce qui est encore sans forme, en lui donnant ses caractéristique naturelles. »

La sage-femme : « façonnera adroitement la boite crânienne veillant à ce qu’elle ne devienne pas trop allongée ou pointue en hauteur. » (Soranos d’ephèse 2003) 

Il existe deux types principaux de déformations, en général comprenant des compressions de la tête avec un appareillage spécifique. 

 

Les déformations tabulaires 

Les déformations de type « tabulaires » dans lesquelles la tête est enserrée et immobilisée dans des tablettes antéro-postérieures nucales et frontales. Ces tablettes étaient solidaires d’un berceau ou indépendantes. Celles-ci donnant des déformations de type brachycéphale. 

Cette déformation est dite droite ou oblique selon l’axe longitudinal du crâne et le plan de Francfort (tête en position regard vers l’horizon). 

L’aplatissement frontal et occipital provoque un élargissement du crâne latéral dans la zone des pariétaux. Les planchettes ou bandelettes capitonnées protègent le cuir chevelu des pressions énormes que le crâne subissait. Cette posture (conformation tabulaire oblique) avait l’avantage de pouvoir porter le bébé et l’allaiter. 

Les berceaux aménagés (conformation tabulaire droite) réduisait énormément les mouvements du bébé, le transport et l’allaitement possible. 

Thomas 2017

Thomas 2017

Vera Tiesler. 1999

Vera Tiesler. 1999

Claude Chippaux - « Des mutilations, déformations, tatouages rituels et intentionnels chez l’homme » in Histoire des mœurs, T. I, vol. I, Gallimard, 1990 p. 507

Claude Chippaux - « Des mutilations, déformations, tatouages rituels et intentionnels chez l’homme » in Histoire des mœurs, T. I, vol. I, Gallimard, 1990 p. 507

Les déformations de type annulaires

Dans les déformations de type annulaires ou circulaires, la tête était enserrée dans un bandage serré, créant des déformations du type dolichocéphale de type érigée ou oblique selon les mêmes principes que les déformations tabulaires. La déformation réduit les diagonales antéro-postérieures et latérales obligeant le crâne à une forme conique. Cette pratique comprime le frontal, l’occipital et les pariétaux, c’est celle que l’on retrouve dans les déformations toulousaines et toutes les déformations associées au port de bonnet, bandeau, serre-tête. (Delisle 1889)

Thomas 2017

Thomas 2017

Cathie Spieser & Pierre Sprumont, 2004, p. 176, 178 & 179. Deux photographies ont subi, ici, une inversion symétrique, afin de permettre une meilleure visualisation de la déformation.

Cathie Spieser & Pierre Sprumont, 2004, p. 176, 178 & 179. Deux photographies ont subi, ici, une inversion symétrique, afin de permettre une meilleure visualisation de la déformation.

Cathie Spieser & Pierre Sprumont, 2004, p. 176, 178 & 179.

Cathie Spieser & Pierre Sprumont, 2004, p. 176, 178 & 179.

Différentes formes de cranes déformés Mesoaméricains. A : Circulaire, B : tabulaire, C : tabulaire, D : tabulaire bilobée. 

Vera Tiesler. 2012

Vera Tiesler. 2012

eugene trutat museum de toulouse Déformation dite « toulousaine », le bandeau en place - Ph. Didier Descouens

eugene trutat museum de toulouse Déformation dite « toulousaine », le bandeau en place - Ph. Didier Descouens

Le franciscain espagnol Diego de Landa a décrit comment les Mayas ont déformé la tête de leurs enfants en 1572. A peine 4 ou 5 jours après la naissance, l'enfant était allongé sur une sorte de petit lit fait de roseaux ou de bandes d'autres matériaux, puis la tête était placée entre deux planches, l'une à l'arrière et l'autre à l'avant. Ceux-ci ont ensuite été pressés ensemble et attachés. Pendant des jours et des jours, l'enfant était ainsi laissé dans la souffrance. Diego de Landa ajoute que parfois tant de douleur était causée que les enfants mouraient, et qu'il voyait lui-même quelqu'un qui avait des ouvertures derrière les oreilles, une condition qui, selon les rapports, n'était pas inhabituelle.

Déformations acquises (par la science ?) 

 

Les déformations crâniennes acquises, en général les plagiocéphalies et brachycéphalies positionnelles, se sont développées de façon exponentielle depuis les années 1990. Kane (Kane 1996) rapporte un nombre annuel de cas multipliés par 6 entre 1992 et 1994 comparativement aux treize années précédentes. Quelles sont les causes de cette augmentation spectaculaire de plagiocéphalie, alors qu’elle n’était que de 0,3 % en 1974 ?

Kane 1996

Kane 1996

Cette explosion de cas survient dans un contexte lié au couchage des bébés. En 1992, les recommandations de l’American Academy of Pediatrics(AAP) préconisent ce type de couchage afin de prévenir la mort subite du nourrisson (MSN). Auparavant 86% des bébés dormaient sur le ventre. Une campagne nommée « back to sleep » est lancée et l’Europe suit ces recommandations dès 1994. Celle-ci a permis une réduction de 44% du taux de MSN en 1998. 

Néanmoins, cette consigne de couchage, même si elle est utile, a développé des angoisses parentales et provoque une sur-interprétation au point de laisser les enfants sur le dos même hors période de sommeil (Van Vlimmeren 2007). C’est sans compter sur la plupart des sièges auto, couffins, cosys, tapis d’éveil, qui fait que 51% des enfants passent la plupart du temps sur le dos (Losee 2005), généralement sur une surface dure, ce qui favorise la déformation ou son accentuation. 

« Deux facteurs de risque ne sont pas modifiables : l’âge et le sexe. Classiquement, les MSN surviennent à 90 % avant 6 mois, avec un pic autour de 2-4 mois, et plus souvent chez les petits garçons. » (INVS 2009)

On retrouve 46 % des bébés atteints à 7-12 semaines, 20% à 4 mois et 3% à 2 ans. (Bialocerkowski 2008)

 

Conséquences de la déformation

 

En dehors de l’aspect esthétique, des conséquences neurologiques ont été décrites. Le cerveau, bien que déformé suite à celle du crâne le contenant, ne voit pas de réduction significative de son volume (Collett 2012). Cependant certaines études tentent de démontrer que ces déformations peuvent avoir des conséquences sur les acquisitions motrices (Cabrera-Martos 2013), ainsi qu’une augmentation du risque de prise en charge spécialisée de ces acquisitions défaillantes (orthophonie, ergothérapie) (Miller 2000). Ces altérations du développement et des acquisitions peuvent être la conséquence du traitement cérébral de certaines fonctions somatosensorielle, comme l’audition et le traitement du son, qui peuvent être altérées ou modifiées suite à la plagiocéphalie ( Balan 2002). 

 

Les traitements prescrits 

 

Il est préférable de commencer les traitements très tôt, à un âge ou le développement et la malléabilité du crâne sont les plus importants. Le préventif est toujours meilleur que la curatif. Il faut aussi distinguer les formes sévères (ou tardives dans le diagnostic) et les formes frustes ou ces dernières peuvent être corrigées dans 92% des cas (Morrison 2006). 

En fonction de la nature, de la précocité et de l’importance des déformations, plusieurs types de traitement sont proposés. 

La prévention au stade précoce et aux formes très modérées. La stimulation positionnelle, la kinésithérapie et l’ostéopathie (peu d’études) lors des formes précoces et plus importantes ou lors d’une atteinte type torticoli congénital ou réactionnel à une naissance difficile. 

On peut observer 77% d’amélioration de la plagiocéphalie grâce à ces procédés simples (Rubio 2009). L’ostéopathie n’étant pas reconnue par les instances médicales, l’accès à des études de type universitaires et hospitalières fait défaut. Néanmoins, le peu d’études faites (lessard 2011, Philippi 2006) montrent un impact non négligeable de cette pratique. 

Dans les formes les plus sévères ou tardives, le traitement par orthèses ou chirurgie est fortement indiqué. Le traitement  par orthèse (casques dynamiques) consiste à prendre des appuis sur les zones proéminentes (les bosses convexes) laissant libre les zones concaves et « creuses » facilitant leur développement et ne limitant pas la croissance crânienne (osseuse et non-osseuse). Ce principe était déjà utilisé pour les orthèses rachidiennes dans le cas des scolioses. Peu d’effets indésirables sont constatés mis à part les atteintes cutanées sur les zones d’appui (Wilbrand 2012). 

Sur 4000 patient traités, 94% de réussite du traitement en première intention et 96% sur les patients dont le traitement antérieur à échoué (Steinberg 2015). 

Ce traitement reste très cher, non pris en charge par l’assurance maladie (pourquoi ?), contraignant  car porté quotidiennement, sans arrêts et sur le long terme mais doit être envisagé avant 18 mois. 

Et enfin la chirurgie, réservée au cas les plus graves, de même pour les plagiocéphalie avec craniosténoses associée donne des résultats excellents. 

Nonobstant les atteintes portées à l’ostéopathie et son efficacité sur les crânes plagiocéphales, les questions au sujet de la déformation restent ouvertes et essentielles. De mémoire de kinésithérapeute, avant les années 80, le traitement des déformations podales congénitales faisait appel à la chirurgie orthopédique après la marche. Sauf cas graves, celle-ci fut remplacée par le traitement kiné, et à base d’orthèses (la french method) très précoce (en maternité et néonatologie) afin de pallier à des déformations s’aggravants au cours du temps, évitant la chirurgie et les séquelles importantes. Bien heureusement, on ne voit presque plus de personnes portant les disgracieuses chaussures orthopédiques des pieds bots

T’as vu ta tronche ? Les déformations crâniennes culturelles

Les questions en suspend au sujet des déformations (du crâne ou d’autres zones) concernent le timing d’intervention. Quand intervenir ? Pendant combien de temps ? Mais aussi des questions au sujet du timing et de la nature des contraintes correctives ou modificatrices à mettre en place. Quelles forces ? Quelles intensités ? Combien de temps ? Sous quelles formes (chroniques ou alternées) ? 

Une orthèse contraignant les tissus de façon constante à un stade plus avancé est-elle préférable à l’application de contraintes manuelles itératives plus précoces ? 

La science n’a pas répondu à ces questions car l’ostéopathie n’est toujours pas évaluée dans les mêmes termes que les autres approches. 

Bibliographie

 

Anton SC: Intentional cranial vault deformation and induced changes of the cranial base and face. Am J Phys Anthropol 79:253–267, 1989 

 

Weidenreich F: On the earliest representatives of modern mankind recovered on the soil of East Asia. Bulletin of the Natural History Society of Peking 13:161–174, 1939 

 

Paul Broca. 1871. Memoires d’anthropologie . Tome 1. Page 90. 

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https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6211298p/f182.image.r=%22la%20petitesse%20relative%20du%20cerveau%20de%20la%20femme%22?rk=21459;2

 

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https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k639383/f242.image

 

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Ferdinand Delisle. 1902. Les déformations artificielles du crâne en France. Carte de leur distribution ; in Bulletins de la Société d’anthropologie de Paris, Vè série, T. III, p. 111-167

 

David le Breton. 1985. Corps et société. Essai de sociologie et d’anthropologie du corps. Gallimard. 

 

Marie Carpentier. A propos d’ethno-esthétique : les mutilations buccodentaires volontaires. Thèse de chirurgie dentaire. 2011. Académie de Nancy-Metz. Université Henri Poincaré-Nancy I

 

Soranos d’Ephèse. 2003. Maladie des femmes. Tome II. Les belles lettres. 

 

Vera Tiesler. 1999. Head Shaping and Dental Decoration Among the Ancient Maya: Archeological and Cultural Aspects (Paper presented at the 64 Meeting of the Society of American Archaeology, Chicago) Autonomous University of Yucatan Merida, Mexico 

 

Delisle Ferdinand. 1889. Sur les déformations artificielles du crâne dans les Deux-Sèvres et haute Garonne. Bulletin de la société d’anthropologie 3e série, tome 12. p649. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k639383/f708.image

 

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(AD 1100–1450). A Bioarchaeological Study of Cranial Modification in the Colca Valley, Peru. Current Anthropology.59 :1. 

 

Kane AA, Mitchell LE, Craven KP, Marsh JL. Observations on a recent increase in plagiocephaly without synostosis. Pediatrics. 1996 Jun;97(6 Pt 1):877–85. 


 

Van Vlimmeren LA, van der Graaf Y. 2007. Risk factors for deformational plagiocephaly at birth and at 7 weeks of age: a prospective cohort study. Pediatrics. Feb;119(2):e408– 18. 


 

Losee JE, Mason AC. 2005. Deformational plagiocephaly: diagnosis, prevention, and treatment. Clin Plast Surg. Jan;32(1):53–64, viii. 


 

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Philippi H, Faldum A. 2006. Infantile postural asymmetry and osteopathic treatment: a randomized therapeutic trial. Developmental Medicine and Child Neurology. N° 48 - p 5-9. 

 

Wilbrand JF, Wilbrand M. 2012. Complications in helmet therapy. Journal of Cranio-Maxillo-Facial Surgery. Vol 40, N°4 - p 341-346. 

 

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